{"id":7211,"date":"2017-11-10T00:15:46","date_gmt":"2017-11-09T20:15:46","guid":{"rendered":"http:\/\/reveiletreforme.adventiste.re\/?p=7211"},"modified":"2018-01-06T21:23:34","modified_gmt":"2018-01-06T17:23:34","slug":"jour-7-un-ete-sans-fin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/reveiletreforme.adventiste.re\/?p=7211","title":{"rendered":"Jour 7 &#8211; Un \u00e9t\u00e9 sans fin"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">Attendre le retour de J\u00e9sus<\/h2>\n<p>La R\u00e9forme du 16e si\u00e8cle est l\u2019un des grands \u00e9v\u00e9nements de l\u2019histoire humaine. Il s\u2019agit, pour les historiens, d\u2019un clivage marquant entre les temps m\u00e9di\u00e9vaux et les temps\u00a0 modernes. Mais pour les croyants protestants (y compris les adventistes), elle constitue une intervention divine.<!--more-->En mati\u00e8re de doctrine et de pratique, le christianisme devait, en effet, revenir\u00a0 \u00e0 la norme de la Parole biblique et rejeter les traditions humaines. C\u2019est l\u00e0 l\u2019essence m\u00eame de cet \u00e9norme bouleversement religieux qui mit un terme \u00e0 l\u2019<em>\u00ab \u00e2ge des t\u00e9n\u00e8bres \u00bb<\/em>. Comme l\u2019\u00e9crit Ellen White, <em>\u00ab [le protestantisme] \u00e9tablit que tout enseignement humain doit \u00eatre subordonn\u00e9 aux oracles de Dieu \u00bb(<\/em>1).<\/p>\n<p><strong>\u00ab Viens, oh pr\u00e9cieux dernier jour \u00bb(<\/strong><strong>2)<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 cause de ce principe vital, Martin Luther non seulement fit jaillir la v\u00e9rit\u00e9 sur la justification des p\u00e9cheurs, mais il ramena aussi dans le c\u0153ur des croyants\u00a0\u00a0 la perception du retour de J\u00e9sus qui pr\u00e9- valait dans l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne primitive(3).<\/p>\n<p>Les chr\u00e9tiens des temps m\u00e9di\u00e9vaux croyaient \u00e0 ce retour. Mais pour eux, cette promesse \u00e9tait une\u00a0 source\u00a0 r\u00e9elle de crainte et de terreur. Comme ils n\u2019avaient pas l\u2019assurance du salut, \u00a0nous dit le moine franciscain m\u00e9di\u00e9val Thomas de Celano, le retour de J\u00e9sus leur apparaissait comme un <em>\u00ab jour de vengeance et d\u2019horreur \u00bb<\/em> o\u00f9 <em>\u00ab le juge exercerait la justice avec s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 \u00bb<\/em>. Apr\u00e8s une \u00e9tude consciencieuse des \u00c9critures, Luther d\u00e9clara avec assurance que l\u2019esp\u00e9rance chr\u00e9tienne est <em>\u00ab une meilleure esp\u00e9rance \u00bb<\/em> (He 7.19), <em>\u00ab une esp\u00e9rance vivante \u00bb<\/em> (1 P 1.3), et par cons\u00e9quent, <em>\u00ab la bienheureuse esp\u00e9rance \u00bb<\/em> (Tt 2.13) \u2013 ce qui ramena, chez les chr\u00e9tiens, une attente joyeuse de la fin.<\/p>\n<p>On peut ais\u00e9ment comprendre l\u2019aspiration passionn\u00e9e de la lib\u00e9ration en Christ dont Luther faisait l\u2019exp\u00e9rience dans son parcours de foi. Plus il avan\u00e7ait en \u00e2ge, plus cette aspiration s\u2019intensifiait. Pour lui, la promesse\u00a0 du\u00a0 retour\u00a0 du Christ \u00e9tait <em>\u00ab un sermon aussi doux que joyeux \u00bb.<\/em> Si ce grand jour ne venait pas, le r\u00e9formateur aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas na\u00eetre ! \u00c0 travers les luttes et les chagrins de sa vie, il n\u2019\u00e9prouvait qu\u2019un d\u00e9sir : <em>\u00ab Le jour viendra o\u00f9, selon ta promesse, tu nous rach\u00e8teras du mal. Puisse cette heure sublime venir, comme il\u00a0 se\u00a0 doit, et mettre \u00e0 tout jamais un terme \u00e0 notre mis\u00e8re ! \u00bb<\/em>(4)<\/p>\n<p><strong>\u00ab Avoir \u00bb et \u00ab ne pas avoir encore \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ici-bas, expliqua Luther, la vie des chr\u00e9tiens est remplie de tensions. Les croyants \u00ab ont \u00bb tout, tout en <em>\u00ab n\u2019ayant pas encore \u00bb<\/em> ; il <em>\u00ab sont \u00bb<\/em> tout, tout en <em>\u00ab n\u2019\u00e9tant pas encore \u00bb<\/em>. Ils ont d\u00e9j\u00e0 le salut par la foi, mais ne l\u2019ont pas encore par la vue. Ils sont d\u00e9j\u00e0 justes devant Dieu, mais vivent encore dans un monde fragment\u00e9, \u00e9loign\u00e9 de Dieu. En consid\u00e9rant le principe biblique du <em>\u00ab d\u00e9j\u00e0 \u00bb<\/em> et\u00a0\u00a0 du<em> \u00ab pas encore \u00bb<\/em>, on peut comprendre avec quelle passion Luther attendait le retour du Christ. Pour nous qui avons l\u2019assurance du salut au moyen d\u2019une foi confiante en Dieu, nous soupirons apr\u00e8s ce jour \u2013 tant et aussi longtemps que nous demeurons en Dieu \u2013 anim\u00e9s d\u2019un d\u00e9sir fervent et d\u2019une joie profonde, car en ce jour, la r\u00e9demption s\u2019\u00e9tendra non seulement \u00e0 nous, mais encore \u00e0 toute la cr\u00e9ation. En \u00e9cho \u00e0 Luther, nous disons : <em>\u00ab Cher Seigneur Dieu, puisse le jour b\u00e9ni de ton saint avenir venir bient\u00f4t ! \u00bb<\/em>(5)<\/p>\n<p><strong>Les signes des temps \u2013 \u00ab Un sermon doux et joyeux \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Alors que\u00a0 le\u00a0 r\u00e9formateur\u00a0 avan\u00e7ait en \u00e2ge, son esp\u00e9rance du retour de J\u00e9sus s\u2019intensifia parce qu\u2019il se sentait souvent impuissant devant l\u2019humanit\u00e9 et le monde. Il devint clair pour lui que ni les princes, ni le pape ne pouvaient r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de l\u2019humanit\u00e9 :<em> \u00ab Le monde est l\u2019enfant du diable [\u2026] on ne peut ni l\u2019aider, ni l\u2019instruire. \u00bb<\/em> Et : <em>\u00ab Aucune pr\u00e9dication, aucun cri, aucun avertissement, aucune menace, aucune plaidoirie \u00bb<\/em> ne peut d\u00e9sormais l\u2019aider. Le monde est <em>\u00ab la taverne du diable \u00bb<\/em>, et les <em>\u00ab dix commandements annul\u00e9s \u00bb<\/em>, sa marque\u2026 Par cons\u00e9quent, le monde est et demeure une <em>\u00ab caverne de voleurs \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Ici-bas, expliqua Luther,<\/h2>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><em>la vie des chr\u00e9tiens est remplie <\/em><em>de <\/em><strong>tensions<\/strong><em>.<\/em><\/h2>\n<p><em>\u00a0<\/em>Ainsi, les chr\u00e9tiens sont <em>\u00ab environn\u00e9s d\u2019une multitude de d\u00e9mons \u00bb<\/em> ! Seul le retour de J\u00e9sus peut mettre un terme \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 du monde. Le pape et l\u2019empereur mettaient leur esp\u00e9rance dans la politique, et les gens les consid\u00e9raient comme leurs \u00ab sauveurs \u00bb. Mais Luther les exhorta \u00e0 attendre le \u00ab vrai Sauveur \u00bb, celui-l\u00e0 m\u00eame qui a donn\u00e9 la s\u00fbre promesse de son retour.<\/p>\n<p>Pour fortifier son \u00c9glise dans cette attente, Christ r\u00e9v\u00e9la les <em>\u00ab\u00a0 signes\u00a0 des temps \u00bb<\/em>, dont\u00a0 les\u00a0 catastrophes\u00a0 naturelles et les guerres. Le signe le plus clair pour Luther, c\u2019\u00e9tait les\u00a0 dangers\u00a0 majeurs\u00a0 de son \u00e9poque, lesquels s\u2019appliquent encore aujourd\u2019hui : le d\u00e9clin de la foi au sein\u00a0\u00a0 de la chr\u00e9tient\u00e9, ainsi que le conflit entre l\u2019islam et le christianisme. Avec une vive inqui\u00e9tude, Luther observa\u00a0 l\u2019\u00e9loigne- ment de l\u2019\u00c9glise papale de l\u2019\u00c9vangile, et la vague de l\u2019expansion islamique qui avait d\u00e9j\u00e0 inond\u00e9 le sud-est de l\u2019Europe, et qui, en 1529, d\u00e9ferla m\u00eame jusqu\u2019aux portes de\u00a0 Vienne.\u00a0 Mais\u00a0 il\u00a0 distinguait aussi dans l\u2019ingratitude des disciples de la R\u00e9forme un signe distinct du jugement \u00e0 venir en raison de la lumi\u00e8re qu\u2019ils avaient re\u00e7ue : <em>\u00ab Je veux proph\u00e9tiser sur l\u2019Allemagne, non en me fiant aux \u00e9toiles, mais \u00e0 la th\u00e9ologie, et je proclame la col\u00e8re de Dieu contre cette nation. [\u2026] Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 prier pour que Dieu et sa Parole ne soit pas m\u00e9pris\u00e9s ! \u00bb<\/em>(6)<\/p>\n<p>Selon Luther, tous les signes se produisent pour l\u2019encouragement des croyants et pour le jugement des incroyants. Ces derniers ont encore <em>\u00ab la gr\u00e2ce \u00bb<\/em> de ne pas s\u2019inqui\u00e9ter de ces signes, tandis que les premiers per\u00e7oivent sans doute <em>\u00ab la col\u00e8re de Dieu \u00bb<\/em> r\u00e9serv\u00e9e aux incroyants, et de laquelle Dieu pr\u00e9serve ses enfants.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019o\u00f9 les signes avaient-ils d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u leur accomplissement ? Le r\u00e9formateur ne voulut pas s\u2019attarder sur cette question. Mais il \u00e9tait convaincu que <em>\u00ab la plupart [des signes] s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 produits \u00bb<\/em>, et que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 une raison pour les chr\u00e9tiens de se r\u00e9jouir en d\u00e9pit des catastrophes et de la d\u00e9tresse. Cette joie est caract\u00e9ristique des v\u00e9ritables interpr\u00e8tes de la Bible, parce que les <em>\u00ab contemplateurs d\u2019\u00e9toiles et les devins \u00bb <\/em>\u2013 Luther pensait probablement aux astrologues et aux \u00e9sot\u00e9riques \u2013 ne parlent que de catastrophes. Seuls les chr\u00e9tiens comprennent <em>\u00ab la parole douce et joyeuse, \u201c[leur] d\u00e9livrance\u201d \u00a0\u00a0(Lc 21.28) \u00bb<\/em>. Par cons\u00e9quent, le retour du Christ doit \u00eatre vu \u00e0 travers les yeux de l\u2019esp\u00e9rance chr\u00e9tienne, et non \u00e0 travers ceux de la raison s\u00e9cularis\u00e9e.<\/p>\n<p>Selon Luther, les chr\u00e9tiens doivent <em>\u00ab serrer les dents \u00bb<\/em>, puis boire la <em>\u00ab coupe am\u00e8re \u00bb<\/em>. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s que viendra la \u00ab douceur \u00bb. C\u2019est pourquoi Christ appelle aujourd\u2019hui sa famille \u00e0 se lever et \u00e0 se r\u00e9jouir. M\u00eame si la proclamation de l\u2019\u00c9vangile n\u2019est pas bien re\u00e7ue par la plupart des gens, la <em>\u00ab petite foule \u00bb<\/em>\u00a0 la\u00a0 comprendra,\u00a0 travaillera,\u00a0 et \u00a0priera en ayant le retour du Christ bien en\u00a0 vue, parce que, comme l\u2019a not\u00e9 Luther, <em>\u00ab l\u2019hiver a \u00e9t\u00e9 suffisamment long. Main- tenant vient un magnifique \u00e9t\u00e9 \u2013 un \u00e9t\u00e9 sans fin. \u00bb<\/em>(7)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1 Ellen G. White, <em>La trag\u00e9die des si\u00e8cles, <\/em>p. 214.<\/p>\n<p>(2) Martin Luther, <em>Luthers Schriften: Weimar Edition, Briefe, <\/em>Metzler, Stuttgart, 2002, vol. 9, p. 175.<\/p>\n<p>(3) Paul Althaus, <em>Die Theologie Martin Luthers, <\/em>4e \u00e9d., G\u00fctersloh: G\u00fctersloher Verlagshaus, 1975, p. 351.<\/p>\n<p>(4) Martin Luther, <em>Luthers Schriften: Weimar Edition, <\/em>Metzler, Stuttgart, 2005, vol. 34\/II, p. 466.<\/p>\n<p>(5) Martin Luther, <em>Luthers Schriften: Weimar Edition, Tischreden, <\/em>Metzler, Stuttgart, 2000, vol. 5, n\u00b0 5777.<\/p>\n<p>(6) <em>Ibid<\/em>., vol. 3, n\u00b0 3711.<\/p>\n<p>(7) Luther, <em>Luthers Schriften<\/em>, vol. 34\/II, p. 481.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Attendre le retour de J\u00e9sus La R\u00e9forme du 16e si\u00e8cle est l\u2019un des grands \u00e9v\u00e9nements de l\u2019histoire humaine. 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