LE JEUNE
Le jeûne authentique est celui qui nous délivre de notre égocentrisme et de tout ce qui nous emprisonne pour nous permettre d’entrer dans la dynamique de la grâce, du partage et du service. Encore une fois, ce n’est pas le jeûne qui libère (il n’en a pas le pouvoir), mais le jeûne nous permet d’être disponibles devant Dieu et de dépendre davantage de lui. En jeûnant, nous plaçons Dieu en premier dans notre vie, avant même ce qui reste une priorité pour vivre à savoir se nourrir. En jeûnant, nous mettons le Christ au centre de notre vie afin de le laisser agir par son Esprit en nous. Jeûner ne consiste pas à faire pression sur Dieu pour obtenir une libération, mais à se mettre dans de meilleures dispositions pour écouter Dieu, recevoir de lui ce qu’il a à nous dire et le laisser nous transformer de l’intérieur. Celui qui jeûne refuse de se laisser distraire par quoi que ce soit pour se consacrer entièrement à la prière et à l’écoute de Dieu.
« Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu’ils furent écoulés, il eut faim. » Luc 4.1-2
Tous les jeûnes de la terre ne sauraient remplacer la confiance implicite en la Parole de Dieu. Jésus dit : « Demandez, et l’on vous donnera. » Le Seigneur a jeûné en votre faveur dans le désert de la tentation. Ce n’est pas ce jeûne en lui-même qui possédait une valeur, mais c’est le sang du Christ. — Lettre 206, 1908. CNA 223.5 l’esprit du vrai jeûne et de la prière est l’esprit qui soumet à Dieu l’intelligence, le cœur et la volonté. — Manuscrit 28, 1900, p. 1.
La première grande tentation eut lieu sur le terrain de l’appétit aussi bien en ce qui concerne le Christ qu’en ce qui concerne le saint couple qui se trouvait en Eden. Notre rédemption a commencé à l’endroit même où avait commencé notre ruine. Tout comme Adam tomba en cédant à l’appétit, le Christ eut la victoire en y renonçant. « Il jeûna quarante jours et quarante nuits, puis il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus répondit : Il est écrit : l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Matthieu 4:2-4.CNA 219.1
Depuis Adam jusqu’à Jésus-Christ, les appétits et les passions s’étaient accrus d’une manière démesurée. Les hommes avilis, maladifs, étaient incapables de remporter la victoire par eux-mêmes. Le Christ triompha pour eux en se soumettant à la plus rude épreuve. Par amour pour nous il exerça sur lui-même une maîtrise plus forte que la faim ou la mort. Sa première victoire a rendu possible notre propre victoire dans tous les conflits avec les puissances des ténèbres. CNA 219.2
Quand Jésus entra au désert, il y fut enveloppé de la gloire de son Père. Absorbé dans sa communion avec Dieu, il fut élevé au-dessus de la faiblesse humaine. Mais la gloire le quitta, le laissant aux prises avec la tentation. Celle-ci l’assiégeait à chaque instant. Sa nature humaine éprouvait de la répugnance pour la lutte qui l’attendait. Quarante jours durant il jeûna et pria. Affaibli et amaigri par la faim, épuisée et rendue hagarde par l’angoisse, « son visage était défait, méconnaissable ; tant son aspect différait de celui des autres hommes ». Ésaïe 52:14. C’était là l’occasion que Satan attendait. Il pensa que le moment était venu où il pourrait remporter la victoire sur le Christ. — EH, 109, 110 (1898). CNA 219.3
C’est au profit de l’humanité que le Christ se soumit à l’épreuve sur le terrain de l’appétit, et résista à la tentation pendant près de six semaines. Ce long jeûne dans le désert était destiné à servir en tout temps de leçon à l’homme déchu. Le Christ ne fut pas vaincu par les fortes tentations de l’ennemi, et ce fait constitue un encouragement pour chaque âme qui lutte contre la tentation. Le Christ a ainsi placé à la portée de chaque membre de la famille humaine la possibilité de résister à la tentation. Tous ceux qui veulent vivre saintement peuvent vaincre comme le Christ a vaincu, par le sang de l’Agneau et la parole de leur témoignage. Ce long jeûne du Sauveur lui donna la force de supporter l’épreuve. Il donna à l’homme la certitude qu’il commençait l’œuvre qui aboutirait à la victoire exactement là où la déchéance avait commencé — sur le terrain de l’appétit. — Lettre 158, 1909. CNA 220.1
Quand le Christ était le plus cruellement assailli par la tentation, il ne mangeait pas. Il se recommandait à Dieu et sa soumission absolue à la volonté de son Père lui donnait la victoire. Plus encore que tous les autres chrétiens dans le monde, ceux qui ont discerné la vérité pour les derniers temps devraient suivre dans la prière le grand exemple du Christ. — Témoignages pour l’Église 1:251 (1869).