Des paraboles dans un contexte conflictuel (1)
« Écoutez une autre parabole. Il y avait un maître de maison qui planta une vigne. Il […] la loua à des vignerons et partit en voyage. À l’approche des vendanges, il envoya ses esclaves chez les vignerons, pour recevoir les fruits de la vigne. Les vignerons prirent ses esclaves ; l’un, ils le battirent ; un autre, ils le tuèrent ; un autre encore, ils le lapidèrent. […] Enfin, il leur envoya son fils. […] Ils le prirent, le chassèrent hors de la vigne et le tuèrent. Lorsque le maître de la vigne viendra, comment traitera- t-il donc ces vignerons ? » Matthieu 21.33-40
La deuxième des paraboles racontées par Jésus pour faire réfléchir ses auditeurs va bien plus loin que la première. La parabole des deux fils illustrait l’opposition des chefs juifs en mettant l’accent sur leur passivité, alors que celle-ci insiste sur les actions menées pour s’opposer à Dieu : les prophètes sont rejetés et le fils est tué. L’image de la vigne indiquait clairement qu’il était question du peuple d’Israël choisi par Dieu, et il ne fait aucun doute que tous les Juifs comprirent l’allusion. Le texte d’Ésaïe 5.1-7 décrit la vigne en des termes similaires à ceux employés par Jésus. Mais dans le livre d’Ésaïe, c’est la vigne qui est en faute, alors qu’ici, ce sont les employés qui sont coupables. Dans les deux cas, l’échec entraîne le jugement divin.
Nous pouvons retenir plusieurs leçons de la parabole des vignerons. La première est que Dieu est patient. Il n’envoie pas qu’un seul serviteur, mais plusieurs : il n’abandonne pas facilement ses enfants. La deuxième leçon est tout aussi évidente. La parabole insiste sur la méchanceté des vignerons. Le thème principal de l’Évangile est l’amour de Dieu, mais un autre thème est très présent également : il s’agit du rejet de cet amour. Malheureusement, c’est bien souvent le peuple choisi de Dieu qui refuse sa main tendue, ce qui apparaît clairement dans la parabole et que l’histoire prouve. La troisième leçon concerne le rôle joué par le Fils et la raison pour laquelle il est envoyé dans la vigne. Les vignerons n’hésitent pas à le tuer également. La parabole insiste sur le jugement qu’ils vont ensuite subir. La quatrième leçon est que, même si le jugement de Dieu ne vient pas tout de suite, il est néanmoins certain et irréversible. Le jugement sur les vignerons de Matthieu 21 surviendra lors de la destruction de Jérusalem. La cinquième leçon de la parabole concerne le royaume de Dieu : il n’appartient plus à la nation d’Israël, mais il est confié à un autre peuple. « C’est pourquoi, je vous le dis, le règne de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits », dit Jésus dans sa déclaration la plus explicite sur ce sujet (Matthieu 21.43). Ce peuple nouveau est l’Église chrétienne, qui a hérité des promesses de l’alliance et des responsabilités qui étaient auparavant réservées au peuple juif.
Que Dieu puisse aider ce peuple nouveau à ne pas faire preuve de la même perversité que le précédent. (George Knight – Tournez les yeux vers Jésus)