Une confrontation à double sens (2)
« Le même jour, des Sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, vinrent l’interroger : Maître, Moïse a dit : Si quelqu’un meurt sans enfants, son frère épousera la veuve et suscitera une descendance au défunt. Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria et mourut, et comme il n’avait pas de descendance, il laissa sa femme à son frère. Il en fut de même du deuxième, puis du troisième, jusqu’au septième. Après eux tous, la femme mourut. À la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l’ont eue ! Jésus leur répondit : Vous vous égarez, parce que vous ne comprenez ni les Écritures ni la puissance de Dieu. » Matthieu 22.23-29
Dans la contre-attaque des Juifs vis-à-vis de Jésus, la deuxième question vint des Sadducéens, ennemis de longue date des Pharisiens. Non seulement ils avaient trouvé un terrain d’entente avec les dirigeants romains, mais ils rejetaient toutes les Écritures, excepté le Pentateuque (les cinq livres de Moïse). D’après l’historien Flavius Josèphe, les Sadducéens affirmaient que « l’âme mourait avec le corps » (Antiquités 18.1.4). Ainsi, ils réfutaient le concept de l’immortalité et de la résurrection des morts. C’est le fait qu’ils n’accordaient du crédit qu’au Pentateuque qui sous-tend la question qu’ils posèrent à Jésus dans Matthieu 22.25-28. Ils évoquèrent l’exemple d’une femme qui, en raison de la loi du lévirat, avait sept maris mais pas d’enfant. Leur question était destinée à soulever le problème de la résurrection, mais surtout à mettre Jésus dans l’embarras publiquement. Cependant, cette fois encore, Jésus renvoya la question à ses détracteurs, en mettant deux points en évidence. Premièrement, il déclara que leur question était inappropriée parce qu’elle était fondée sur une erreur. Les Sadducéens ne connaissaient pas les Écritures, et ils ne pouvaient donc pas comprendre Dieu et sa puissance, affirme-t-il. Comme beaucoup de gens aujourd’hui, ils concevaient manifestement la vie future comme une version très légèrement différente de la vie terrestre telle que nous la connaissons. « Il n’en est pas ainsi, répondit Jésus. Le nouveau royaume de Dieu sera différent en bien des points. » Il n’expliqua pas aux Sadducéens à quoi ressemblerait le royaume des cieux, car cela n’aurait servi à rien. Mais il déclara que la vie future ne pouvait être comparée à la vie présente. Dans la deuxième partie de sa réponse, Jésus cita le texte d’Exode 3.6, démontrant ainsi que les Sadducéens ne connaissaient pas la partie des Écritures que pourtant ils acceptaient. Jésus souligna que Dieu n’était pas le Dieu des morts mais des vivants, faisant allusion à la résurrection des patriarches (Matthieu 22.32). C’est un sujet intéressant pour les chrétiens d’aujourd’hui. La plupart des gens imaginent le royaume des cieux en fonction des réalités de cette terre. Quels sont les avantages d’une telle approche ? Quels en sont les inconvénients ? Dans quelle mesure l’enseignement de la Bible sur ce sujet transcende-t-il notre conception de la question ? (George Knight – Tournez les yeux vers Jésus)