Jean, à contre-courant
« Selon ce qui est écrit dans le Prophète Ésaïe : J’envoie devant toi mon messager pour frayer ton chemin ; c’est celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Survint Jean, celui qui baptisait dans le désert et proclamait un baptême de changement radical, pour le pardon des péchés. Toute la Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui et recevaient de lui le baptême, dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de criquets et de miel sauvage. » Marc 1.2-6
Jean-Baptiste n’était vraiment pas comme tout le monde. Dans ce texte, il est décrit comme un protestataire. Il avait renoncé au confort de la ville et adopté un mode de vie plus rude dans le désert aride qui se trouvait près de la mer Morte. Il refusait de porter des vêtements traditionnels, mangeant des criquets et du miel sauvage. Nous ne savons pas exactement ce qu’étaient ces criquets, car le mot grec a deux significations. Il s’agissait soit d’insectes semblables à des sauterelles qui, d’après Lévitique 11.22-23, étaient purs, soit d’une sorte de haricots (ou caroubes) dont se nourrissaient les plus pauvres. Mais peu importe le sens de ce mot, la Bible présente Jean-Baptiste comme un révolutionnaire allant à contre-courant de son temps. En dépit de ses particularités, ou en raison de cela, il attirait les foules à lui pour leur parler de repentance, de confession, de l’arrivée d’un royaume et de la nécessité d’être baptisé. Marc nous dit que « toute la Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ». Le mot « toute » n’indique pas qu’il s’agissait de toute la population, bien sûr, mais que cet homme rude du désert exerçait une influence sur le peuple, ainsi que sur les chefs juifs. L’historien du 1er siècle, Flavius Josèphe, déclara que même Hérode avait conscience de son influence. Celui-ci « craignait que la grande influence de Jean sur le peuple puisse l’amener à prendre le pouvoir et à susciter une rébellion » (Antiquités 18.5.2).
Cependant, le prophète n’aspirait pas au trône d’Hérode : il s’intéressait à son âme. Tous ceux qui voyaient ou écoutaient Jean-Baptiste ne pouvaient s’empêcher de penser qu’il allait à contre-courant de la société, non seulement en raison de son apparence, mais surtout de son message. C’est aussi un message dont nous avons besoin aujourd’hui. Avant d’étudier ce message, notons que Marc introduit ce prédicateur convaincant annonçant la venue du royaume de Dieu avec une citation de l’Ancien Testament, indiquant ainsi que le christianisme n’était pas une religion nouvelle, mais un développement du judaïsme. Le message de Jésus n’est pas venu après coup parce que le plan pour la nation juive avait échoué, mais il s’agissait de l’accomplissement de la loi et des prophètes. Il est le Messie annoncé dès les premières pages des Écritures. Le plan de Dieu s’est déroulé comme prévu dans le passé, et il en sera de même dans le futur. (george Knight – Tournez les yeux vers Jésus)