Une parabole déplaisante
« Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers et paie-leur leur salaire, en allant des derniers aux premiers. » Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, pensant recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun un denier. En le recevant, ils se mirent à maugréer contre le maître de maison. » Matthieu 20.8-11
Certaines paraboles de Jésus sont plus déplaisantes que d’autres. En haut de la liste de cette catégorie de paraboles se trouve celle de l’agriculteur, relatée dans Matthieu 20.1-16. C’est l’histoire d’un maître de maison (Dieu) qui sortit de bon matin pour embaucher des ouvriers pour sa vigne – les Écritures comparent souvent Israël à la vigne de Dieu (voir Ésaïe 5.1-7). Au début de la journée de travail de douze heures, le maître passa un accord formel avec les ouvriers qui étaient disponibles et ils convinrent d’un salaire d’un denier pour la journée. Mais le maître de maison était inquiet, car lorsque le raisin est mûr, il faut le récolter immédiatement, de peur de perdre une partie de la récolte. Ainsi, il se rendit sur la place à plusieurs reprises pour embaucher d’autres ouvriers. Il sortit une dernière à fois à la onzième heure, alors que la journée était presque terminée. Cela impliquait que les derniers ouvriers n’avaient pas beaucoup d’ambition ou qu’ils avaient déjà été embauchés plus tôt. Mais ils désiraient gagner plus d’argent et ils étaient prêts à travailler encore. Le récit devient agaçant au verset 8. C’était la fin de la journée, et le maître de maison décida de payer les ouvriers dans l’ordre inverse de l’heure à laquelle ils ont été embauchés. Ainsi, le dernier fut payé le premier. Devant tout le monde, il donna un denier, le salaire d’une journée de travail, à ces hommes qui n’avaient travaillé qu’une heure. Imaginez ce qui se passa dans l’esprit des ouvriers qui avaient travaillé toute la journée. Ils firent les comptes ! « Si ces hommes reçoivent le salaire d’une journée pour une heure de travail, alors nous allons recevoir le salaire de douze journées de travail. Cela fait deux semaines de salaire, si l’on retire le sabbat. Nous avons enfin trouvé un maître qui va nous permettre de devenir plus riches ». Leur raisonnement était logique et ils se réjouissaient à l’avance. Mais l’impensable se produisit : tout le monde reçut le même salaire ! Ils commencèrent à protester, à juste titre. J’étais un jeune ouvrier dans le bâtiment quand je lus le chapitre 20 de Matthieu pour la première fois, et je compatis avec ces hommes. Pour moi, c’était absolument injuste. Pierre eut certainement la même réaction. Rappelons-nous que Jésus raconta cette parabole en réponse à sa question dans Matthieu 19.27 : « Qu’en sera-t-il pour nous ? ». Il espérait recevoir des honneurs particuliers. Il avait apprécié la première partie de la réponse du Christ, dans laquelle celui-ci avait parlé de trônes et de richesses. C’est la réponse qu’il voulait entendre. Mais dans Matthieu 20, Jésus donna la réponse qu’il avait besoin d’entendre, et elle n’était pas particulièrement agréable. (George Knight – Tournez les yeux vers Jésus)