« L’Évangile » avant l’Évangile
« Et Marie dit : Je magnifie le Seigneur, je suis transportée d’allégresse en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a porté les regards sur l’abaissement de son esclave. Désormais, en effet, chaque génération me dira heureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est sacré, et sa compassion s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent. Il a déployé le pouvoir de son bras ; il a dispersé ceux qui avaient des pensées orgueilleuses, il a fait descendre les puissants de leurs trônes, élevé les humbles, rassasié de biens les affamés, renvoyé les riches les mains vides. Il a secouru Israël, son serviteur, et il s’est souvenu de sa compassion – comme il l’avait dit à nos pères – envers Abraham et sa descendance, pour toujours. » Luc 1.46-55
Dans le cantique de Marie, nous avons ce que Nicolas Wright appelle « l’Évangile avant l’Évangile, un cri d’allégresse saisissant, trente semaines avant Bethléem, trente ans avant le Calvaire et la Pâque. […] Il s’agit avant tout de Dieu, d’une révolution et de Jésus : Jésus qui venait d’être conçu mais qui n’était pas encore né, une annonce qui fit tressaillir de joie le bébé d’Élisabeth en son sein et qui remplit Marie d’émotion, d’espoir et de jubilation ». Le cantique de Marie, souvent appelé Magnificat, a été mis en musique par Johann Sebastian Bach, accompagné par les trompettes et les timbales. Il est aussi murmuré en toute discrétion par d’humbles chrétiens de toutes nationalités, et récité avec force lors de nombreuses fêtes de Noël dans les églises du monde entier. Il s’agit de l’un des cantiques les plus connus du monde chrétien. C’est un cantique célébrant la puissance de Dieu et la victoire qu’il remportera grâce à cet enfant à naître. Pourtant, il ne raconte pas l’histoire dans son intégralité. Marie eut un aperçu de la gloire de l’Évangile, mais elle aurait encore de nombreuses choses à apprendre au fil du temps. Jésus allait être semblable à une épée qui transpercerait son âme (Luc 2.35). Marie allait le perdre pendant trois jours, quand il aurait douze ans. Puis elle s’interrogerait sur son équilibre mental quand il aurait trente ans, avant de sombrer dans le désespoir pendant trois jours à Jérusalem, se demandant certainement pourquoi la situation avait mal tourné et si elle s’était trompée. Mais après la confusion, l’aveuglement et la peur, viendraient la résurrection et la Pentecôte. Marie commencerait seulement alors à comprendre toutes les implications de la naissance de l’enfant qu’elle avait conçu.
Le cantique de Marie fait écho aux promesses de l’Ancien Testament dans chacun de ses mots. Ces promesses de l’alliance parlent d’un Sauveur qui allait restaurer toutes choses, sauver le peuple de l’alliance et bouleverser l’histoire de ce monde.
Seigneur, comme Marie, nous ne comprenons pas tout. Mais comme elle, nous voulons nous réjouir, car tu es un Dieu puissant qui nous offre le salut. Nous te louons pour ce que tu as fait pour nous, ce que tu fais aujourd’hui et ce que tu feras à l’avenir.
(George Knight – Tournez les yeux vers Jésus)