Après les tensions, le choc
« Le soir venu, il était à table avec les Douze. Pendant qu’ils mangeaient, il dit : Amen, je vous le dis, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est lui qui me livrera. […] Judas, qui le livrait, demanda : Est-ce moi, Rabbi ? Il lui répondit : C’est toi qui l’as dit. » Matthieu 26.20-25
Si Jésus surprit ses disciples en prenant une serviette et en leur lavant les pieds, l’annonce que l’un d’entre eux allait le trahir dut les stupéfier.
Avant ce repas du jeudi soir, Jésus avait déjà dit à ses disciples qu’il allait mourir. Mais il n’avait jamais établi de lien entre l’un de ses disciples et cet événement. Pour la première fois, il déclara qu’une personne de son cercle d’amis proches allait jouer le rôle du traître. Ses paroles bouleversèrent les douze disciples. Dans Matthieu 26.22, nous lisons qu’ils furent « profondément attristés ». Quelle que soit la façon dont ce terme est traduit, il souligne manifestement l’état de choc et d’émotion violente des disciples.
Cette révélation bouleversa les disciples au point qu’ils éprouvèrent des doutes sur eux-mêmes. Chacun leur tour, ils demandèrent à Jésus : « Est-ce moi, Seigneur ? » Tous attendaient une réponse négative, comme le souligne la traduction de la Bible en Français Courant : « Ce n’est pas moi, n’est-ce pas, Seigneur ? »(verset 22).
Il est intéressant de noter que Judas dissimula soigneusement son plan. Après tout, personne ne demanda : « Est-ce Judas ? ». Pourtant, Judas le savait. Surpris par les paroles de Jésus, il ne se joignit pas immédiatement aux autres disciples en demandant si c’était lui. Mais il se reprit rapidement, prenant conscience que s’il ne posait pas aussi la question, il serait identifié comme le coupable. Alors, il demanda à son tour : « Est-ce moi, Rabbi ? ». Remarquez que Judas ne s’adressa pas à Jésus en utilisant le titre de « Seigneur », comme les autres disciples, mais celui de « Rabbi », un terme approprié pour s’adresser à un enseignant juif, mais jamais utilisé par les autres disciples dans le premier Évangile.
Jésus ne répondit pas à la question des disciples, mais il fit savoir à Judas qu’il savait qui serait le traître. Celui-ci comprit donc que Jésus connaissait ses projets. Judas avait également conscience de devoir agir rapidement s’il voulait mener à bien son plan. Jean nous dit que le temps était venu et « Satan entra en lui ». Jésus lui demanda de faire « rapidement » ce qu’il avait à faire et Judas « sortit aussitôt » pour mettre son plan à exécution (Jean 13.27-30).
Cette triste histoire peut être une leçon pour nous. L’Église n’a jamais été pure. Elle n’a jamais été composée uniquement de chrétiens nés de nouveau. Nous devons faire preuve de courage, même quand les responsables chutent ou renoncent à la foi. (George Knght – Tournez les yeux vers Jésus)